Je vous partage un texte qui me touche beaucoup puisqu’il décrit l’essence de l’Odyssée Bio mieux que j’aurais pu le faire moi-même! Il a été composé par la fermière de famille de grand talent Geneviève Mayrand-Papillon à la suite de mon passage aux Jardins de la Chevrotière dans Portneuf.

Tel Ulysse découvrant des contrées lointaines sur le chemin du retour, naviguant entre rencontres et solitude, Gigi sillonne le territoire, poursuivant sa formidable quête. Mais là s’arrête la comparaison, car l’Odyssée Bio de Ghislain n’a pas le tragique de celle du célèbre guerrier et souverain d’Ithaque regagnant sa patrie. Je dirais même qu’au contraire, elle a quelque chose de magique.

Louvoyant avec le sourire sur les eaux vives du Québec bio, il récolte au passage les histoires des gens qui façonnent l’agriculture biologique de proximité au Québec depuis plus de trois décennies. Un micro dans une main et un accordéon dans l’autre, il se dépose le temps d’une chanson dans ces microcosmes bien particuliers, tentant de capter l’essence de ce qui unit et distingue les trois générations de fermières et fermiers de famille qui se côtoient présentement au Québec. « Chaque ferme est un pays », dit-il, avec ses propres codes, sa culture, son langage, ses saveurs particulières. Ces fragments d’histoire qu’il capture serviront d’abord à la création d’un nouveau balado qui mettra en lumière le métier de fermier et fermière de famille. Mais il espère que tous ces sons et images qu’il aura emmagasinés cette année sauront tracer un portrait précis de cet univers porteur de sens et de bon goût, tout en contribuant aux savoirs collectifs en matière d’agriculture durable à échelle humaine.

« Chaque ferme est un pays », dit-il, avec ses propres codes, sa culture, son langage, ses saveurs particulières. 

Ghislain « Gigi » Jutras, agrobiologue globe-trotter aux multiples talents, à la curiosité insatiable et aux yeux plus pétillants qu’un San Pellegrino, a été notre enseignant, lorsque nous sommes retournés sur les bancs d’école à la fin de la vingtaine pour mettre sur pied notre rêve agricole. Ce « Gigi » là est un rassembleur, un créateur, un éveilleur. Témoin et acteur, il prend part à l’histoire tout en la racontant. Semant avec ses paroles l’espoir et le goût de se relier, son aventure nous rend conscients plus que jamais de l’importance de notre communauté et de ce réseau dont nous faisons partie, vous et nous. Le Réseau des fermières et fermiers de famille (RFF) est une perle rare qui devrait faire la fierté de tous les québécois.es tant il est unique au monde (le Cirque du Soleil peut bien aller se rhabiller!) En tant qu’abonné.es, vous faites aussi partie de cette histoire peu banale. 

Dernièrement, j’ai fait un rêve très marquant. Je découvrais avec stupéfaction une technologie inédite qui me permettait d’encapsuler un coeur pour le garder vivant à jamais (je vous jure que j’étais à jeun !) Notre rencontre avec Ghislain et nos discussions sur l’importance du RFF m’a fait repenser à ce rêve. Quand on tient quelque chose d’aussi précieux entre nos mains, on doit le contempler et le chérir. On doit aussi le garder vivant et évolutif. Et puis pour être certain que cette beauté survive au temps qui passe, il faut aussi en tirer le portrait, sous tous ses angles et sous toutes ses coutures. C’est la mission que s’est donnée Ghislain et nous sommes heureux d’avoir pu y ajouter notre grain de sel.

L’Odyssée Bio de Gigi a commencé bien avant cette année et elle se poursuivra bien au-delà de son projet actuel. Si vous avez envie de le voir cheminer, suivez ses aventures à bord de sa Bio Mobile via ces reportages photos.

Par Geneviève Mayrand-Papillon, les Jardins de la Chevrotière

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